L'Europe est secouée par une vaste escroquerie à la téléphonie mobile d'une ampleur sans précédent. Le Parquet européen (EPPO) a démantelé un réseau organisé qui vendait des téléphones d'occasion comme neufs à des clients dans toute l'Union européenne. Il ne s'agissait certainement pas de quelques dizaines ou centaines d'appareils seulement. Selon les enquêteurs, plus d'un million de téléphones auraient été vendus de cette manière, pour un préjudice total estimé à au moins 300 millions d'euros, soit environ 7,3 milliards de couronnes. Par ailleurs, les forces de sécurité tchèques et slovaques participent également à cette vaste opération policière internationale.
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Téléphones d'occasion vendus comme neufs
L'escroquerie était censée fonctionner de manière assez sophistiquée, selon l'EPPO. D'après les premières constatations des enquêteurs, le groupe organisé assemblait des téléphones portables à partir de composants usagés à Hong Kong et aux Émirats arabes unis, puis les faisait nettoyer, emballer et modifier pour qu'ils paraissent neufs au premier abord. Les téléphones ainsi préparés étaient acheminés aux Pays-Bas, d'où ils étaient transportés vers des entrepôts en Allemagne. Ils parvenaient ensuite à des clients dans toute l'Union européenne via des plateformes de vente en ligne. Ces clients étaient alors payés à leur insu pour un téléphone d'occasion, alors qu'ils l'achetaient neuf.
Les enquêteurs n'ont pas encore divulgué les marques ou modèles précis des téléphones impliqués dans l'escroquerie, il est donc difficile de savoir si c'était également le cas. iPhoneOu bien les fraudeurs ont-ils ciblé d'autres marques ? Toutefois, compte tenu de la popularité iPhone Compte tenu du marché européen et de leurs prix, nous, à la rédaction, ne serions pas surpris que ces téléphones soient la cible principale. Quoi qu'il en soit, vu l'ampleur de la fraude, il s'agit indéniablement d'une affaire extrêmement grave susceptible d'ébranler considérablement la confiance des consommateurs envers les vendeurs en ligne.
ProCependant, l'escroquerie était loin d'être terminée avec les nouveaux téléphones. Selon l'EPPO, le groupe organisé utilisait également un réseau de sociétés écrans en Autriche, en Bulgarie, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suède.carL'entreprise a utilisé une référence produit (sku) pour manipuler le paiement de la TVA. Depuis 2018, elle bénéficie illégalement d'un régime fiscal particulier, où la TVA n'est prélevée que sur la marge bénéficiaire et non sur le prix de vente total. Or, ce régime est réservé à la revente de biens d'occasion et ne s'applique pas aux téléphones vendus comme neufs. Les pays européens auraient ainsi perdu plus de 30 millions d'euros de recettes fiscales.
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Des raids ont eu lieu dans 19 pays. Des Tchèques et des Slovaques y ont également participé.
Compte tenu de l'ampleur monstrueuse de la fraude, l'intervention policière massive n'est guère surprenante. Selon le communiqué de presse, environ 1 770 policiers, douaniers et agents du fisc ont participé à l'opération, baptisée Troie, et mené plus de 160 perquisitions et autres actions dans 19 pays. Sept suspects ont été arrêtés en Autriche, en Allemagne et en Espagne, et selon les enquêteurs, deux des chefs présumés de l'organisation figuraient parmi les personnes interpellées.
Il est intéressant de noter que la police tchèque et l'Office slovaque de lutte contre le crime organisé ont également participé à cette coopération internationale. Le Parquet européen confirme les perquisitions menées dans 19 pays, dont la Slovaquie, mais la République tchèque ne figure pas sur la liste des pays concernés. Le Parquet européen cite toutefois explicitement des policiers tchèques parmi les autorités ayant participé à l'opération.
L'affaire a été déclenchée par une notification de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF). L'enquête est toujours en cours et il sera intéressant de voir si l'on parviendra à identifier les vendeurs ayant proposé les téléphones aux consommateurs.